Ro-mania

grigorescu2

XVI

Ce bine ar fi ca viaţa mea să fie un  car cu boi
Ce vine scârţâind , dimineaţa devreme, pe drumeag,
De acolo de unde vine se va întoarce mai târziu
Aproape pe aceeaşi urmă, ale aceluiaşi drumeag.

Nu-mi trebuie speranţa, e suficient să am roţi …
Bătrâneţea mea nu va avea riduri şi păr alb …
Când nu voi mai servi la nimic, îmi vor scoate roţile
Şi voi rămâne răsturnat şi stricat, într-un fund de râpă.

( Fernando Pessoa  – Paznicul turmelor – 1911) 

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Daena (I) – Gibran

gibr5Voice of the master” (1963) a lui Khalil Gibran (1883-1931),  apare postum si debuteaza cu o destainuire a maestrului catre discipol:

„Din tinerete, fie ca sunt adormit sau treaz, sunt insotit de fantoma unei femei stranii. O vad noaptea cand sunt singur, asezata la capataiul meu. In liniste aud vocea ei celesta. Adesea, cand inchid ochii, ii simt degetele delicate pe buze, dar cand ii deschid, tremurul ma cuprinde si cercetez in zadar doar murmurele Neantului… Adesea ma intreb: E imaginatia mea cea care ma face sa fabulez, de parca as fi pierdut in nori? Mi-am slefuit cumva o noua divinitate din meandrele viselor mele? Mi-am pierdut capul innebunind, creand aceasta insotitoare plina de dragoste? M-am indepartat de oameni, de forfota cetatii pentru a ramane singur cu obiectul adoratiei mele? Nu oprisem eu oare vederea si auzul forfotei accentuate a vietii in ideea de a vedea si auzi mai bine divinitatea? Vorbesc de pereche-sotie si tu te miri de asta. Dar oare nu suntem adesea intrigati de o experienta stranie, pe care o respingem ca imposibila, dar careia, cu tot efortul depus, nu-i putem sterge realitatea din spirit?”
Continui citatul in franceza…
„Cette femme imaginaire a bel et bien été mon épouse, partageant avec moi les joies et les chagrins de la vie. Quand au matin je m’éveille, je la vois penchée sur mon oreiller, qui me regarde de ses yeux brillants d’affection et d’amour maternel. Elle est avec moi lorsque j’entreprends un projet, et elle m’aide à le mener à son terme. Quand je m’attable devant mon repas, elle s’assied avec moi, et nous échangeons des idées et des paroles. Le soir, elle est de nouveau avec moi et me dit : „Nous nous sommes trop longtemps attardés en ce lieu. Allons marcher à travers les champs et les prairies.” Alors je quitte mon travail, je la suis dans les champs, et nous nous asseyons sur un haut rocher en contemplant au loin l’horizon. Elle me montre un nuage doré et me fait remarquer le chant des oiseaux avant qu’ils se retirent pour la nuit, remerciant le Seigneur de leur donner la liberté et la paix.
«Que de fois elle vient dans ma chambre quand je suis angoissé et troublé. Mais dès que je l’aperçois, mes peines et mes tracas laissent place à la joie et à la sérénité. Quand mon esprit se révolte contre les injustices de l’homme envers l’homme, et que je vois son visage parmi ces autres visages que je voudrais fuir, la tempête dans mon coeur s’apaise et
laisse place à la voix céleste de la sérénité. Quand je suis seul, et que les flèches amères de la vie frappent mon coeur, que les fers de la vie m’enchaînent à la terre, je vois ma compagne me regarder avec des yeux emplis d’amour, alors mon chagrin se transforme en joie, et la Vie m’apparaît un Éden de félicité.«Peut-être te demandes-tu comment je peux me contenter d’une existence aussi étrange, et comment un homme comme moi peut, au printemps de sa vie, trouver la joie dans des fantômes et des rêves ? Pourtant je te le dis, les années que j’ai passées dans cet état sont la pierre angulaire de tout ce que j’ai pu connaître de la Vie, de la Beauté, du Bonheur et de la Sérénité.
«Car la compagne de mon imagination et moi avons été comme des pensées qui errent librement face au soleil ou flottent à la surface des eaux, chantant au clair de lune – un chant de paix gui apaise l’esprit et le conduit vers l’ineffable beauté. «La vie est ce que nous voyons et expérimentons par l’esprit ; mais le monde qui nous entoure, nous en venons à le connaître par la compréhension et la raison. Et cette connaissance nous apporte soit une grande joie, soit de la souffrance. C’est la souffrance que j’étais destiné à connaître avant l’âge de trente ans. Que ne suis-je mort avant d’atteindre les années qui vidèrent le sang de mon coeur et la sève de ma vie, et me laissèrent tel un arbre flétri dont les branches ne s’agitent plus dans la brise folâtre, où les oiseaux ne construisent plus leurs nids …”

Khalil Gibran a fost si pictor se pare, tabloul care mi-a placut mie,  „Vina”,  ii apartine.

Am ales ca titlu Daena , ce inseamna in religia persana, ‘cea care a fost revelata’. Voi incerca sa-i urmaresc aparitiile in literatura si mitologie, voi invata ce se poate, inainte de a balansa cateva „limpeziri”…

Seamana un pic cu  Verlaine:

„Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.”
Paul Verlaine, Poèmes saturniens, Mon rêve familier – 1866
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Sita spune lui Rama: ”  Destinul tau e si al meu. Daca iti impune solitudine, aceasta ma afecteaza si pe mine: nu sunt eu oare o parte din tine insuti? Voi merge inaintea ta pe cararile padurii. Voi curata din calea ta spinii si pietrele, piciorul tau va atinge pamantul moale si curat…”
Ramayana – रामायण – Vâlmîki – sec. III i.e.n